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SEVEN 7 : L’envie

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C’est en 1998 que le film SEVEN est sorti sur les écrans avec en tête d’affiche Brad Pitt, Morgan Friedman et Kevin Spacey.

Ce long-métrage remet en lumière le concept moral et religieux des sept péchés capitaux sous l’angle du thriller policier.Plus de 20 ans après, nous avons l’idée de vous proposer une relecture des sept péchés capitaux sous l’angle, cette fois, de l’entreprise.

Loin de nous l’idée d’un discours moralisateur voire religieux. Mais l’envie de regarder de près si ce concept sous son aspect philosophique et de bon sens pouvait être éclairant pour l’entreprise d’aujourd’hui.Nous vous proposons donc une série de 7 billets qui aborderont chacun un des sept péchés capitaux.

Bonne lecture.

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L’envie

On confond habituellement l’envie et la jalousie alors que ces deux termes ont un sens opposé :

– La jalousie est la peur de perdre ou de devoir partager ce que l’on possède ou aime. Ceci se comprend bien dans l’expression « jalousie amoureuse ».

– L’envie, au contraire, consiste à convoiter ce qui appartient à autrui au point de préférer le voir détruit que possédé par quelqu’un d’autre.

On pourrait même parler du triangle infernal formé par un objet, un envieux et un jaloux.

Mais le mot « envie » connaît une autre acception que l’on peut associer à l’idée de motivation. L’envie est ce sentiment qui nous donne l’énergie de faire les choses : j’ai envie ou pas envie de faire quelque chose revient à dire je suis motivé ou pas pour faire cette chose.

Nous touchons là du doigt un point fondamental du management : est-ce que les collaborateurs ont envie ou pas de bien faire leur travail, voire, parfois, d’en faire un peu plus ? Et d’où leur vient cette envie ?

Récemment, lors d’une immersion, j’ai rencontré Maxime. Il a 21 ans et travaille à la chaîne dans une industrie. Concrètement, il floque sur des vêtements, du matin au soir, du lundi au vendredi, des étiquettes d’identification.

Au cours de notre discussion, pour montrer mon intérêt, je lui posai des questions sur son métier : depuis combien de temps ? Comment êtes-vous arrivé là ? Le travail vous plaît ?

À cette dernière question, Maxime me répondit du tac au tac : « Vous croyez vraiment que quand j’avais 7 ans, je disais : « Plus tard, je collerai des étiquettes sur des vêtements » ? Bien sûr que NON ! Si je suis là, c’est parce qu’il faut de l’argent pour vivre et puis c’est tout ! Moi, quand j’étais gamin, je voulais être militaire mais à cause d’un problème physique, ils ne m’ont pas pris. »

Maxime n’est pas un cas isolé. Beaucoup de collaborateurs travaillent par nécessité, pas par passion. Il faut être bien conscient que lorsque vous travaillez par nécessité dans un poste non choisi et qui ne vous plaît pas forcément, vous n’avez en tête, très légitimement, que l’heure où le travail va cesser.

Si vous voulez vous projeter, pensez à une tâche que vous n’aimez pas du tout faire mais que vous ne pouvez pas éviter : tondre la pelouse, faire le ménage ou remplir sa feuille d’impôt … Quelle est votre attitude : repousser le plus tard possible, faire le plus vite possible et passer à autre chose !

Les collaborateurs qui ne travaillent que par nécessité réagissent à l’identique : éviter le plus possible, à défaut retarder le plus tard possible, faire le plus vite possible avec le moins d’efforts possibles et passer à autre chose le plus rapidement possible !

Est-ce une fatalité ?

Évidemment non !

Si vous interrogez un peu longuement et un peu finement des personnes naturellement motivées – vous, par exemple -, vous finirez par tomber sur un « tiers privilégié ». Un « tiers privilégié » est une personne que nous avons rencontrée et qui nous a marqués positivement et durablement. Nous avons tous des « tiers privilégiés » : parents, professeurs, coach sportif, membres de la famille, etc.

Qu’il soit présent ou absent, et même toujours de ce monde ou pas, nous avons une petite musique en arrière-plan dans la tête qui nous susurre « Il serait fier de moi s’il me voyait réaliser ça ».

Ce qui motive, donne l’envie, aux personnes naturellement motivées, c’est la reconnaissance réelle ou fantasmée d’un tiers privilégié. C’est une reconnaissance que nous avons intégrée au fond de notre esprit.

Qu’en est-il des personnes comme Maxime ? Eh bien, soit elles n’ont pas de tiers privilégié, soit elles n’ont pas pu réaliser ce qui, selon elles, leur aurait apporté la reconnaissance de leur tiers privilégié – être militaire pour Maxime.

Un manager prend toute sa dimension lorsqu’il devient le tiers privilégié de ses collaborateurs en leur offrant une juste et légitime reconnaissance dans le travail qu’ils réalisent.

Une juste et légitime reconnaissance passe par de l’exigence sur ce qui doit être fait (« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » Pierre Corneille – Le Cid) ; de la fermeté sur la façon dont les choses doivent être faites (respect du cadre, des règles, de la déontologie, des valeurs de l’entreprise) et une forte valorisation des efforts, progrès et résultats que les collaborateurs investissent et obtiennent.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Bonnes réflexions.

 

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